Les prés du MARVERAND

STUDIO GARDONI lauréat avec UTIADE du concours pour le lot D de la ZAC des prés du Marverand à ARNAS (69).

SERL aménageur pour la ville d’ARNAS.

vue depuis le Parc public des prés du Marverand

Construire à l’échelle individuelle, à l’échelle du foyer, à l’échelle de cette petite collectivité les conditions d’une vie au milieu d’un parc.

Dans ce contexte semi-rural, s’inscrire dans le lieu, c’est créer les conditions d’une relation privilégiée à la nature, en l’occurrence au parc du Marverand et à son prolongement sur notre assiette d’implantation, l’îlot D.

Si nous évoquons ici les échelles individuelles, familiales et collectives, c’est bien parce que l’intérêt de chacun sera ici à ces trois niveaux. Sinon l’acquéreur, l’habitant, passera son chemin pour trouver un pavillon, ou a contrario du plus collectif.Ce qui est proposé, c’est de partager ce morceau de nature. De partager l’expérience et les fruits de ce lieu singulier. Ce qui est proposé, c’est d’accéder à un lieu de vie cumulant un logement qualitatif sans promiscuité ni vis-à-vis, et un parc privatif. Ce qui est proposé, et c’est l’esprit du quartier ici sublimé, c’est de vivre dans un environnement paysagé de grande qualité à deux pas du centre-village.

Les conditions d’une vie au milieu des arbres

Pour ce faire, nous avons fait des choix simples et radicaux : libérer le sol et autonomiser les logements.

Pour libérer le sol de toute contrainte, en faire un parc, nous avons regroupé toutes les fonctions communes à l’entrée de site, réparti les stationnements sous les logements, créé des petits plots compacts qui mettent chaque logement en relation directe, physique et visuelle, avec les espaces extérieurs communs, et au-delà sur le parc du Marverand.

Du commun au privé

Bien qu’en continuité visuelle et paysagère avec le parc du Marverand et le quartier, nous sommes sur un tènement qui restera clos. Une enclave. Dans laquelle on entre par un seuil construit. C’est là que nous implantons les boites aux lettres, les cycles, le local déchets et l’accès au parking.

Puis nous sommes dans le parc « privé ». L’espace d’usages partagé à l’échelle de la copropriété.

Nous aménageons des cheminements jusqu’aux trois plots. A l’inverse de la liaison directe entre les garages et les logements, nous sommes là dans un parcours, un commun propice à créer du lien.,A l’échelle d’une petite collectivité (seulement 18 logements), mais généreux. C’est-à-dire un temps de plaisance jusqu’au seuil de sa bâtisse, puis de son logement. On y croise le voisin jardinier, le voisin sportif, le voisin oisif, les enfants.

Nous implantons en interface avec cet espace du parc que l’on traverse les « ateliers » dédiés aux grands logements au rez de chaussée, qui par leur nature même, amènent une vie hétérogène, bureaux, ateliers, serres ou simplement annexes de logements !

La fragmentation en trois plots de 6 logements permet une petite échelle de distribution intérieure, comme l’escalier d’une grande maison. Espace généreux et lumineux là encore propice à du commun, plantes et décorations en amont du logement.

Du privé au commun.

A l’inverse et complémentaire, l’idée de chaque logement est bien de s’abstraire du commun. Une fois chez soi, tout est fait pour l’intimité et le rapport individuel à la nature. Nous offrons donc des logements répartis dans trois petits plots qui s’organisent pour échapper les uns aux autres. C’est le sens de l’organisation des plots sur le terrain. Et c’est le sens de l’organisation des logements à l’intérieur des plots.

Chaque logement a un horizon. Chaque logement a une échappée sur le cadre arboré qui préexiste et que nous prolongeons.Ce rapport de l’intime à la nature, c’est aussi en offrant 2, 3 ou 4 façades aux logements que nous le créons. Un accès à la lumière naturelle. Une transparence du logement qui permet l’immersion dans le végétal.

C’est aussi par les prolongements privés, les jardins privatifs, les très grandes loggias et les terrasses que ce lien avec l’environnement s’installe et assure une réelle qualité d’usage.

L’organisation des volumes

Nous organisons donc le plan en 3 petits plots « presque » identiques, composés chacun de 6 logements. Des variations de façade, de déformation et d’implantation de chacun des plots permettent d’avoir une variété volumétrique et d’épannelage qui contextualise chaque logement, nous venons de l’évoquer (ses vues, ses orientations), et apporte un profil varié qui s’inscrit en finesse dans l’échelle du quartier. Ce n’est pas une image de logements collectif qui est offerte, mais une échelle ambiguë. Une volumétrie des bâtiments qui est compacte et s’exprime comme de grandes maisons avec une toiture à deux pans.

La compacité apporte une efficacité du plan, de la thermique et de la construction. C’est ce qui nous permet au final d’offrir toutes ces qualités de vertu environnementale et d’usage dans un contexte d’économie maitrisée permettant de s’inscrire dans le marché de l’acquisition.

La composition est donc délibérément libre et « organique » sans alignement strict aux limites du site. Outre l’intérêt dans la relation d’un plot à l’autre (les vues), cela permet une intégration souple en lisière du Parc.

Ces échappées visuelles des logements, nous les retrouvons aussi comme piéton, tant depuis le parc public que depuis le parc privé du cœur d’îlot.

L’écriture architecturale est résolument contemporaine, tout en reprenant les codes et les matérialités de l’habitat avoisinant. C’est là encore une « force modeste » de notre projet : s’inscrire en douceur dans son environnement, sans ostentation. Nous avons un devoir de politesse vis-à-vis de nos voisins, et cette politesse passe par la prise en compte de qui ils sont ; il s’agit d’être juste : savoir exprimer notre identité sans ostraciser.