GYMNASE À SEYSSINET-PARISET

STUDIO GARDONI est lauréat du concours d’architecture pour la démolition reconstruction du gymnase Georges Nominé à Seyssinet-Pariset, commune de l’agglomération grenobloise. Le maître d’ouvrage est le Syndicat Intercommunal de la Rive gauche du Drac (SIRD). Livraison prévue en 2018.

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Ce projet est une idée de « l’art de l’illusion ».

Une idée née du sentiment, finalement plutôt rare en milieu urbain, qu’il vaut mieux laisser les choses en l’état. Que construire apportera bien entendu plein de nouveaux conforts, de nouveaux services, mais fera disparaître une belle respiration, un vide plein de qualités. Séduction d’un site qui devient un cauchemar tant on n’ose pas y toucher…Nous avons donc construit notre projet comme une composante paysagère de ce grand vide végétal dans lequel nous nous installons. Nous construisons un « enclos » de grandes « pierres plantées », qui sont dans les faits l’emprise de la construction, mais dans leur perception une partie un peu cachée du parc. Nous construisons un « anti-objet », une simple limite, poreuse, un trait au sol, qui énonce un intérieur et un extérieur, un gymnase et un parc, sans que l’un ne s’oppose à l’autre.

DOGVILLEOn pense au film « Dogville de Lars von Trier » ou la petite ville entière est tracée au sol, à la craie…

Cette limite poreuse, qui détermine le gymnase, est construite à l’image de grands monolithes qui sont à la fois des éléments de construction traditionnels de clôtures (les pierres plantées que l’on trouve au bord de certains chemins lorsque la nature et la géologie en offre l’opportunité) et des lieux sacrés ou énigmatiques de type « stonehenge ». Cet enclos s’implante à l’Est, tout en préservant une zone d’extension possible de la piscine, mais en veillant à ne pas boucher la perspective végétale vers le sud, laissant ainsi intacte la perception un peu incertaine de ce qui s’y déroule (espace naturel … ?). Emerge de cet enclos un monolithe dont rien n’altère la pureté. Comme en suspension. Volume en aluminium qui accroche la lumière et les reflets du ciel, forme un peu immatérielle, changeante au fil des heures et des jours. Parfois très présente, parfois disparaissant dans la blancheur du ciel.Composante de l’enclos minéral en contraste avec le volume dont il forme l’écrin.

La limite un peu incertaine de l’enclos, avec ses déhanchements, évoque évidemment un imaginaire de construction ancienne, d’un déjà là que nous serions venu investir en gymnase… mais est aussi une réponse plus pragmatique à l’organisation interne du programme et à la nécessaire lisibilité de l’entrée, qui s’avance en proue à la croisée des chemin.

« L’art de l’illusion », c’est ici une mise en scène. Une fiction qui permet parallèlement au programme de gymnase d’exister et au parc de gagner en mystère. Une mise en tension de composantes qui renvoi chacun à son imaginaire, à sa propre poésie, à ses propres perceptions.

L’illusion, c’est aussi la magie d’une présence changeante à chaque instant, mais également avec les années. Jeu des reflets qui modifient chaque instant l’aspect du bâtiment. Et, construit de matérialités très pérennes (le béton teinté matricé, l’aluminium, l’inox), le contraste toujours plus accentué entre les « pierres plantées », qui vont pouvoir accepter les mousses, l’usure, et la matérialité métallique, autonettoyante, qui n’évoluera pas.